La trilogie des médiocres (par Scotch)
Ecrit par OMSoccer le 06/10/09

C’était l’évènement de la rentrée !
La trilogie du réalisateur Didier Deschamps, tant attendue, est enfin sortie sur les toiles. Forte d’un casting époustouflant réunissant des acteurs français et étrangers primés la saison dernière (Diawara en France, Lucho au Portugal….) et disposant d’un budget aux accents hollywoodiens, la production de l’ancienne gloire oscarisée en 1998 avait tous les atouts pour drainer du spectateur dans les salles.
Mais derrière l’ambition affichée et les moyens déployés, le succès ne fut pas au rendez-vous et si le public s’est massé dans les différentes salles de l’Hexagone ou de l’Europe, les premières critiques ne se sont pas fait attendre pour dénoncer ce qui pourrait bien ressembler à un énième flop de la nouvelle vague marseillaise.
Tour d’horizon de ces différents longs métrages inachevés, promus étoiles avant même de briller.


Valenciennes – OM : Retour vers le futur

Le premier volet du trident Deschamps avait pour généreux objectif d’introduire le spectateur dans l’environnement immédiat du projet. Si la plupart d’entre nous ne s’attendait pas à observer d’entrée une pièce maîtresse, nous fûmes néanmoins surpris par le manque d’originalité de cet opus inaugural.
Pis encore, au fur et à mesure que l’(in)action se déroulait, le film avait une fâcheuse tendance à nous rappeler les saisons filmographique précédente : un jeu d’acteur studio peu studieux, un manque de cohérence dans l’enchaînement des répliques et surtout une intrigue si stéréotypée que les rares téméraires ayant eu le courage (l’inconscience ?) de rester jusqu’au bout ont eu droit à un dénouement des plus plats sans aucun caractère.
Le production nous a joué un bien vilain tour en nous proposant un vulgate du chef d’œuvre de Robert Zemeckis, Retour vers le futur, et calquant ainsi son scénar sur ceux des années 2000, lorsque l’OM n’était plus qu’une équipe de bas tableau, incapable de faire respecter son talent sur les tournages provinciaux.
Une bien mauvaise entrée en matière pour cette trilogie donc, qui en plus d’emprunter au fantastique américain se sera permis quelques plagiats tragicomiques de « Bienvenue chez les chtis » de Dany « Multidoll » Boon ou comment le Sud perd le Nord…


Real - OM : 58 minutes pour vivre, 6 pour mourir

Sans doute le long métrage le plus attendu en ce début de saison, compte tenu du casting fabuleux et des décors grandiloquent dans lesquels il fut tourné.
Direction l’Espagne et Madrid la classieuse pour l’équipe de Deschamps. Et peut être un espoir d’assister à un vrai moment de cinéma : la première heure est plutôt captivante même si elle souffre du mauvais choix du réalisateur, ce dernier ayant sacrifié la présence des prodiges (Ben Arfa) sur l’autel du conformisme artistique (Abriel ?).
Malgré tout, ce fut 58 minute de combat, à la John McLane durant lesquels l’avant garde marseillaise semblait retrouver un peu de sa superbe.
Mais devant l’inconstance de ses éléments tels Mandanda, au jeu si fébrile qu’il ne pourra bientôt plus prétendre à l’Ours de Berlin là où il y a peu il chatouillait le César, ou encore d’un Diawara en perte de registre (le pauvre était aussi à l’aise qu’un Steven Seagal dans un Godart), le film s’est très vite décousu.
6 minutes c’est le temps qu’il aura fallu aux espagnols pour voler la vedette au ciné vieillissant des français, aidés, il est vrai, par un figurant arbitral catastrophique dont les moustaches restent coincées dans le séant de Perez.
James Cameron nous avait coulé le Titanic en 3h30, Deschamps nous coule le France en 6 minutes.
L’exception culturelle française ?


OM – Monaco : l’Armée des 11 singes

Il s’annonçait comme le final triomphant de la trilogie, joué en avant première dans les salles marseillaises. Il ne fut qu’une énième déception, conspuée par les esthètes locaux qui étaient pourtant les derniers à croire encore au renouveau du cinéma provençal.
D’entrée l’affiche était certes moins clinquante et souffrait de surcroît d’une presse intransigeante à son égard, suite aux deux bides précédents. Elle jouissait cependant d’une valeur de test, d’un espoir inespéré de mansuétude à l’égard du travail de Deschamps : un succès face aux jeunes stars montantes monégasques et la production pouvait ambitionner une hypothétiques nomination aux prochains trophées LFP.
Il faut croire que même cette récompense n’attire plus les acteurs marseillais tant leur performance fut ectoplasmique dans cet ultime long métrage.
Parmi les « Usual supects » nous relevons :
Lucho : star surpayée, tête d’affiche au talent déchu, son manque de rythme et de conviction en font un espoir pour les talents du foot-age de gueule !
Morientes : difficile de juger la performance d’un acteur sous assistance respiratoire mais nous lui accordons tout de même la palme des (vieilles) cannes. A titre posthume, cela va sans dire…
Mandanda : à l’image du tournage à Madrid, gagne peu à peu sa place dans la cage…aux folles !
M’Bia : Ciao Bambino ! Di Caprio est un acteur de talent dans un corps de gamin, M’Bia tout l’inverse. C’est la crise, les bourses se rétractent…
Ben Arfa : au moins un pour qui la médiocrité ambiante à du bon. Mais facile d’être en haut quand on survole un nid de cocus…


Bref, la filmographie du réalisateur Deschamps semble sérieusement s’épuiser : le spectacle se meurt peu à peu et l’on croirait revoir les vieilles pellicules poussiéreuses des vieux cinémas de quartier. La production TF1 ne fait décidemment pas recette sur le vieux port : que Dassier le garde à l’esprit comme il garde les pécules pour ses acteurs sans talent.
A croire que depuis Pagnol, on ne sait plus jouer à Marseille.

« Silence ! Ca tourne en rond ! »...

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