Tuez-les.
Ecrit par Mars Ultor le 24/08/09

Nous voici donc arrivés à la fin du mois d'août. Le moment où l'on sent généralement s'estomper les promesses chimériques des campagnes mercatales de juin et juillet. Cette saison, le bilan est plutôt bon: les boulets partis (enfin presque tous), l'effectif réduit, la masse salariale utilisée à meilleur escient, les lignes enfin rééquilibrées, et une sensible amélioration de la qualité de l'ensemble du groupe. Cerise sur le gâteau: août n'a, pour l'instant, que très peu remis en cause ce joli état de fait. Assurément, la qualité du jeu laisse à désirer, mais il va falloir s'y habituer, puisque DD s'en fout (avec lui est revenu la philosophie de l'ère Tapie I, qui se l'est jouée « French Poulidor » avec Papin et Waddle mais qui a connu la victoire avec Völler et Desailly), le credo du coach: « Efficacité et maîtrise ». Certes, la théorie de « la solidité défensive enfin retrouvée » dont nous abreuve la presse complaisante a du plomb dans l'aile depuis le déplacement à Rennes (et la confrontation de ladite défense avec une attaque correcte), mais l'OM reste la seule équipe à ne pas avoir encaissé de but dans le jeu. L'attaque (Brandao) fait pitié mais a su assurer le minimum. En un mot comme en cent, le bilan comptable est bon (sans exceller). Tout du moins pour l'instant. Août n'est pas fini.

Car le Bordelais, lui, a fait carton plein. Neuf points sur neuf, et avec la manière (contre un faible promu, un candidat à la descente et un très décevant outsider). Le Bordelais n'a pas changé d'équipe. Le gros coup du Bordelais, c'est d'avoir gardé sa starlette, et trouvé un gardien. Le Bordelais continue sur la lancée de la dernière saison, entre talent, baraka, et adversaires résignés. Tant mieux. Qu'ils se la mangent un peu, la pression, pour une fois, ces éternels gendres idéaux aux ambitions pauvres, soutenus par treize spectateurs, ces premiers de la classe sans sex-appeal. Premiers, ils le sont dans le coeur de la presse et des instances, mais sûrement pas dans celui des français (à relativiser, un peu plus d'un français sur deux est une française, alors Gourcuff en slip gris...).

Mais le Bordelais est-il si puissant ? Difficile à dire... avant dimanche. Le genre de rendez-vous à ne pas manquer. Le genre de match qu'on a pas le droit de perdre (ne serait-ce qu'au niveau comptable, cela mettrait déjà les Girondins à cinq points...), parce qu'on sait qu'on sera une des rares équipes à vraiment les jouer (combien de ventre-mousards regarderont, cette saison encore, les Scapulés dérouler, la langue pendante, durant 90 minutes ? ). Battre Bordeaux, c'est leur enlever trois points, et éviter qu'il ne finissent encore l'année avec trois points de trop. Battre Bordeaux, c'est mettre fin à une insolente série de 14 victoires d' affilée en match officiel (ne me parlez pas du fantôme du trophée Gabriel-Hanot contre les demi-joueurs de Bretagne, hein...). C'est peut-être aussi prouver que cette série est aussi à mettre au crédit d'un manque de combattivité et d'une certaine résignation des quatorze sparring-partners, indulgence dont l'OM ne profite jamais (excusez-moi, j'aniguise, pire, je laprovencise...).

Pour battre Bordeaux, l'OM devra jouer sur ses atouts (solidité, impact physique, maîtrise) pour espérer gommer ses défauts (manque d'automatisme et de réalisme offensif). Pour cette première annuelle au Vel', les maître-mots devront être « aggressivité » et « engagement ». En un mot comme un cent, tel un Henri de Guise (1), il y a exactement 437 ans:

« Tuez-les !!! » (2)

Mars Ultor

(1) La paternité de cette phrase ne peut être établie formellement. J'adresse toute mes excuses à la famille de Lorraine pour avoir suivie l'historiographie la plus courante, qui n'est pas stricto sensu la plus exacte.

(2) La phrase originale était "Tuez-les tous. Dieu reconnaitra les siens". Mais je ne veux pas mêler Diego à cette sombre histoire. ...

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