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Pauvre L1... Ecrit par Mars Ultor le 27/05/09
La saison est donc maintenant terminée. (Quoi ? On proteste ? Vous y croyez encore ? Libre à vous. En ce qui me concerne, je connais trop l'OM, la Ligue 1 et l'arbitrage français pour garder l'espoir.) Voici donc venu le moment idéal pour prendre un peu de recul, et revenir sur cette saison dont le caractère « historique » nous est déjà vendu par les baveurs et scribes. A tort. Retour des « Gros »... Lyon, Marseille et Paris dans le haut du classement. Bordeaux (ou Marseille, mais vous savez ce que j'en pense) champion de France. Fin de l'hégémonie lyonnaise. En apparence, le bilan est excellent: la monotonie de la première marche est enrayée (Hexagoal pourra enfin goûter au vrai soleil du sud), et ceux qu'il est convenu d'appeler les « locomotives » de la Ligue 1 sont de retour, et durablement, sans doute (après quelques années marquées au mieux par l' « alternance »: un coup l'OM, un coup Paris au sommet). Problème: l'OM compte au soir de la 37e journée 74 points, et seulement 5 défaites (donc 4 à domicile !!!). Un bilan qui aurait du suffire à notre bonheur, et à l'admission (enfin!!!) d'un nouveau trophée dans notre armoire (au moins le temps qu'elle se fasse forcer par un importun...). Comment se fait-il que l'OM se retrouve une nouvelle fois dans la position insupportable de « meilleur 2e de l'histoire » (dans un championnat à 18 clubs pour 98/99, et dans un championnat à 20 clubs, très certainement cette année) ? ... ou faillite des « sveltes » ? Nous avions souvent souligné les limites de l'effectif olympien dans nos colonnes: pas de patron en défense, six candidats pour deux postes dans l'axe arrière, un seul joueur pour chaque poste de latéral, défaut de qualités de centre au milieu, aucun véritable « patron technique », seulement trois attaquants (dont un potable) en début de saison, un gardien remplaçant pire que médiocre. La blessure de Niang ayant pris nos dirigeants à la gorge, le problème a été en partie réglé (bien qu'avec des éléments interdits de C3...). La réémergence (temporaire) de Civelli, quelques minutes à peine correctes de Zubar, les intérims satisfaisants de Kaboré et Zenden sur les ailes, la faille spatio-temporelle qui a rendu Mears potable pendant quinze jours et l'hygiène de vie irréprochable de Mandanda nous ont sauvé de la correctionnelle. Mais excusez-moi, ça fait un peu bricolé tout ça... Alors 74 points !!!? C'est tout bonnement le signe le plus clair nous permettant d'affirmer que la Ligue 1 est nulle, archi-nulle, catastrophique. La plupart des équipes viennent jouer « petit bras »: le nul systématique à l'extérieur, et même à domicile contre les gros (attitude fustigée dans la presse récemment par Taye Taiwo et Mateja Kezman). Voilà pour l'aspect tactique. Pour ce qui est de la technique, on voit même les joueurs moyens passer directement d'un milieu de tableau français à un milieu tableau anglais ou espagnol. La L1 est donc extrêmement pauvre en bons joueurs, dans tous les secteurs. Le fait qu'on ait récemment divinisé des garçons comme Bangoura, Gervinho, Diakhaté ou Puygrenier (sans leur faire insulte) en est le signe le plus tangible. Autres exemples: _ Le PSG, malgré toutes ses limites, jouait pour le titre jusqu'à il y a pas si longtemps. _ Il semble y avoir chaque année une équipe très très faible, souvent parmi les promus (Metz, Le Havre) _ Hilton élu meilleur défenseur central de L1 par ses pairs, soit c'est pour chambrer, soit ça fait peur La raison principale de cette état de fait est la faillite des « clubs intermédiaires ». Où sont passés Lens, Nantes, Auxerre, Saint-Etienne et à un degré moindre Strasbourg, Metz, Montpellier ? Ces honnêtes clubs de L1 ayant une expérience européenne et jouant parfois les premiers rôles ? Ils sont en perdition, végètent en L2 ou se contentent difficilement d'un statut d'équipe « ascenseur » qu'on croyait disparu depuis le milieu des années 90. Par qui ont-ils été remplacés ? Le milieu de tableau est la plupart du temps squatté par des tous petits clubs aux moyens extrêmement limités, pour qui la simple présence en L1 est déjà un exploit. Ces clubs (aujourd'hui Valenciennes, Lorient, Caen, Nancy, Sochaux, hier Troyes, Sedan, et demain Grenoble ?) se complaisent dans la stratégie du « miracle permanent » et ne progressent pas, ou peu, et la L1 avec eux. D'autres clubs semblent être les nouveaux « clubs intermédiaires »: Lille, Toulouse et Rennes. Mais leur statut est trop récent, et ne s'acquiert que très progressivement. Et l'expérience européenne (au contraire de Lens, Nantes, Auxerre) leur fait défaut (à l'exception de Lille). Sur ce point, Rennes et Toulouse ne progressent pas. Et l'indice UEFA de la L1 est en chute libre. L'Europe, cruelle preuve de la faiblesse du championnat de France Car pendant les années 2000, années du G14, de la LDC à 32 clubs, du 3e des poules reversé en UEFA et des quatrième des championnats anglais, espagnols, et italiens quasi systématiquemet qualifiés pour la C1; pendant ces années 2000, où l'OM et le PSG se sont payés le luxe de crises à répétitions, le monde du football a changé, bien changé. Jadis Auxerre ou Lens pouvait atteindre les quarts de ce qui n'était pas encore la D2 européenne. Aujourd'hui, une telle performance est l'apanage exclusif de l'OM et du PSG, historiquement les deux clubs français les plus prolifiques à l'échelon européen. Et ils se font sortir par des clubs ukrainiens, sans qu'il y ait quoique ce soit à redire. La régression est certaine, et durable. Récemment, un éditorial lapidaire de France Football rendait les dirigeants des deux clubs phares responsable de cet état de fait. C'est réducteur. Il paraît injuste de reprocher la faillite européenne française aux deux seuls clubs qui entretiennent (même pauvrement) la flamme. Les difficultés de Lyon en C1 aurait du nous mettre la puce à l'oreille. Mais là je crois qu'on peut l'affirmer, le crier, le hurler, malgré Moustache, malgré Canal, malgré Gourcuff et malgré les droits TV (qui d'ailleurs sont en baisse): « LA LIGUE 1, C'EST POURRI. » Les leaders sont pourris. Leur champion sera pourri (pour un champion, hein...). Le milieu de tableau est pourri (arrêtez de dire que le 10e français mettrait une raclée au 10e anglais, c'est tout simplement faux.) Les relégués sont pourris. Parce que la L2 n'est pas terrible non plus. Et l'OM dans tout ça ? La saison est ratée. Si on est pas champion (et on ne sera pas champion), la saison sera ratée. Il faut donc préparer la prochaine, et insister sur nos points faibles: _ Faillite en coupes, compétition à élimination directe, révélatrice d'un cruel manque de mental, de tripes (ce qu'on avait apprécié avec l'OM d'Emon et de Fernandez) _ Coupe d'europe catastrophique, surtout en C1, malgré une deuxième participation consécutive, mais aussi en C3, que l'on joue tous les ans depuis 2005 _ Faillite dans le « money time »: OM-Toulouse était notre joker. Il fallait donc gagner OM-Lyon, tout simplement. (J'entends ça et là que le titre, on l'aurait perdu à domicile contre Nancy, Lorient ou Paris... Foutaises !!! Conneries !!! Le titre on le perd quand on se fait dépasser, donc on le perd contre Toulouse puis Lyon, tout simplement.) D'une manière générale, incapacité à gagner les matches couperets contre des équipes pas minables (à l'exception de Lille-OM, peut-être...) due à une cruelle absence de leaders moraux (Cana capitaine, Valbuena qui se fait passer pour un « aboyeur », un taulier, dans la presse... Tout simplement insupportable). Alors MM. Deschamps (si t'arrives à nous trouver une tactique correcte), Diouf (si t'arrives à te retenir de nous refourguer un ancien de ton écurie d'agent) et Dreyfus (si t'arrives à faire en sorte d'éviter de dire dans six mois : « J'aurais pu avoir le prêt de Tevez et le transfert de Vidic »), montez-nous une équipe qui nous fera PROGRESSER en C1, car dans ce football de l'arrêt Bosman, ne pas avancer, c'est déjà reculer d'un pas. Et la L1 n'est pas un bon « laboratoire » pour monter une grande équipe. Demandez à Aulas. Je termine avec ce propos prêté à Bernard Tapie après une élimination prématurée en C1 lors de la saison 91/92:<i> « Maintenant les artistes et les serial-buteurs c'est fini. Je veux des joueurs qui nous feront gagner . » </i> Il a laisser partir Papin et Waddle et il a gagné la C1, avec Voller et Abedi Pelé. Mars Ultor, y croit plus pour cette année, essaye d'y croire pour l'an prochain PS: A tous les supporters d'Arsenal en France « Go United !!! » pour ce soir, et bien le bonjour à Arsène et ses cadets. ... article consulté à 1577 reprises.
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